Rêveuse idéaliste et ingénieure cartésienne

Rêveuse idéaliste et ingénieure cartésienne, j’allie ces côtés opposés de ma personnalité pour avancer vers mes envies d’agir. Je crois que tout est possible, mais il faut le vouloir, et trouver les bons leviers. C’est pourquoi, dans ma grande entreprise internationale de l’industrie plastique, j’ai décidé de créer un jardin partagé.

Je me sentais oppressée, dans ces cases dans lesquelles on nous installe : Ingénieur mécanique, technicien, agent de maitrise, homme, femme…. Mais on est tous différents et créatifs, et j’avais envie de bouger les lignes et créer plus de lien entre toutes ces personnes, nous donner la chance de nous rencontrer au-delà des frontières invisibles du travail. J’avais aussi une folle envie de verdure, vivant dans un appartement en ville, sans balcon, sans contact avec la nature. La zone industrielle sur laquelle je bosse est bitumineuse, chaude, sans vie.

Un projet plus visible, plus proche de moi, et plus communautaire: un jardin partagé

J’ai parlé de cette envie de cultiver des plants de tomates à un collègue, qui m’en a apporté un le jour suivant. Incapable de la laisser dépérir dans mon studio, je l’ai finalement plantée à l’arrière de mon entreprise, dans un petit coin d’herbes hautes, caché aux regards indiscrets, un peu inquiète des répercussions de mon geste. Heureuse, je l’ai laissée un weekend, avec un petit écriteau disant d’en prendre soin. Le lundi, elle avait été rasée par la tondeuse, implacable. Mon sang n’a fait qu’un tour, et j’ai décidé de me lancer dans un projet plus visible, plus proche de moi, et plus communautaire : un jardin partagé.
Je ne savais pas comment m’y prendre, et une amie m’a parlé d’une formation pour les Intrapreneurs Environnementaux, Sociaux et solidaires (IpESS), faite par le réseau FEVE. Quatre jours de formation, de débats, d’apprentissages philosophiques, juridiques, d’empowerment, et d’inspiration. Cette formation m’a permis de croire en mon projet, de trouver les leviers psychologiques et les possibilités de la loi, d’être un citoyen dans son entreprise, et non plus qu’un simple salarié. Nous avons également un suivi tous les mois, grâce auquel nos différents blocages sont abordés, nous partageons nos expériences, difficultés et réussites. Les afterwork « bouge ton entreprise » sont un bon moyen de se regrouper, se rendre compte de nos points communs, de se faire un réseau pour créer une communauté d’entraide et de partage de connaissances.

Une petite graine de FEVE pousse tranquillement

Le jardin partagé est un chemin semé d’embuches, entre la sécurité qui doit être bordée, la scission d’une partie de l’entreprise, l’idée qui peut paraitre saugrenue à certains, mais à chaque obstacle, j’apprends quelque chose sur moi, sur les autres, sur les freins et les moteurs des différentes personnes internes au projet, ou externes. Grâce à la petite communauté qui s’est créée autour du projet, nous avons pu dépasser les a priori, commencer à nous montrer, à en parler, et aujourd’hui beaucoup de personnes nous demandent où en est ce fameux jardin. Il y a des blocages, mais nous avons encore beaucoup de ressources. Si nous ne pouvons pas passer par le plus court passage, nous prendrons les chemins de traverse. Si ce n’est pas un jardin, ce sera autre chose.
Dans tous les cas, une petite graine de FEVE pousse tranquillement, dorée par la chaleur de l’été, entourée de bâtiments sans âme, mais remplis de centaines d’entre elles.


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