Être un ambassadeur engagé

Qui je suis

J’ai 30 ans, réside à Lyon depuis 5 ans. Passionné par l’ornithologie et la photographie, j’allie ces deux loisirs ainsi que celui de la randonnée. Professionnellement, je suis analyste fonctionnel et Scrum Master (méthodes Agiles) et travaille pour une ESN (Entreprise de Services du Numérique) internationale. En parallèle de mon métier, je suis également ambassadeur RSE (Responsabilité Sociétale de l’Entreprise) avec du temps alloué à cette activité. Cela consiste à :

  • tenir/suivre les actions du tableau de bord environnemental en fonction de la norme ISO 14001 et des actions que nous voulons mener en parallèle (tri des déchets, covoiturage…)
  • animer les évènements clefs qui rythment l’année (no impact week, journée de la mobilité, marche autour du monde…)

Je suis également libre de proposer d’autres évènements au cours de l’année en accord avec la gestionnaire du site et les responsables RSE. En raison de la taille du site de Lyon, nous sommes deux à occuper ce poste d’ambassadeur RSE ce qui nous permet d’agir sur différents sujets en parallèle en suivant également nos envies.

Cheminement

Sensibilisé à l’environnement depuis mon plus jeune âge, je m’engageais à titre personnel sur des actions à mon échelle pour diminuer mon impact environnemental. Cependant dans le cadre de mon travail, je laissais mes valeurs à mon domicile, pensant comme beaucoup d’entre nous qu’il n’est pas possible d’agir en entreprise ou en tout cas que cela ne fait pas partie de nos prérogatives. Le précédent ambassadeur RSE lyonnais quittant l’entreprise, il me proposa de prendre sa place. Je découvrais alors ce qu’était la RSE, ce qui était déjà mis en place. J’étais à ce moment-là très étonné de voir l’étendue de ce que représentait cet acronyme.  Cette légitimité en tant qu’ambassadeur m’a évidemment facilité la tâche comme par exemple mettre en place des actions, mais au-delà de cette affectation[1], ce sont bien les actions que nous entreprenons sur le terrain et au quotidien qui nous permettent d’obtenir la visibilité et les moyens pour aller plus loin qu’un titre quelconque. Cette « casquette » m’a aidé à prendre confiance et à avoir le courage d’agir. Une fois les craintes dépassées : d’ordres hiérarchiques, regards des autres ou autres, craintes qui sont généralement plus exagérées que la réalité, l’action découle d’elle-même dès lors qu’il s’agit d’un point qui nous tient à cœur. Par exemple, j’avais peur au début que l’on me fasse des remarques comme « tu es ambassadeur RSE mais tu as acheté ton déjeuner avec des couverts en plastique ».  Je ne suis pas rentré dans ce jeu de culpabilisation de soi-même et des autres. On agit chacun à son niveau et l’exemplarité n’existe pas. Nous en sommes tous à des niveaux différents, l’essentiel me semble-t-il étant de s’encourager mutuellement pour s’améliorer.

Sur le terrain

Fort des partages d’expériences du Réseau FEVE et d’autres associations, j’ai progressivement compris qu’il était important de mettre en place une première action rapidement, qui soit visible, accessible à tous, facile de réalisation et dont le succès est quasi assuré. J’ai donc inscrit mon entreprise au challenge mobilité qui consiste à motiver ses collègues à venir au travail autrement qu’en voiture solo. Pour un premier évènement, avec une seule communication diffusée, cela a été une excellente surprise et une belle réussite : 90 participants ! Très encourageant pour la suite mais pas extrêmement visible localement. Lors de cet évènement, j’avais repéré Bike City Zen, une SARL montée par Cécile qui vient avec son vélo cargo faire des réparations et des diagnostics pour les vélos des employés. Après avoir obtenu l’accord de la gestionnaire logistique de l’entreprise, une quinzaine d’employés a pu s’inscrire pour déposer leurs vélos au stand de réparation dans la cour du bâtiment afin que Cécile puisse s’en occuper. C’était enthousiasmant de voir toutes les personnes s’interroger, interagir entre eux autour de cette activité hors du commun. Cécile fut d’ailleurs questionnée tout au long de la journée !

Cet évènement m’a permis d’identifier et de me faire identifier par quelques personnes volontaires et intéressées par la RSE qui m’ont alors sollicité pour agir. Avec mon collègue ambassadeur RSE, nous montons aujourd’hui une communauté au sein de l’entreprise, une FEVE, fin de faciliter et fédérer les envies d’agir. De bonnes idées ont été lancées et sont en cours de réalisation (échanges de services, Clean Walk, repas collectifs…). Il me semble important de s’entourer pour pérenniser ce qui est mis en place. D’où l’intérêt d’avoir une communauté investie. Je pensais qu’il n’y aurait pas grand monde et que je rencontrerais des incompréhensions du fait que j’avais pour ma part du temps alloué mais qu’il n’y en aurait pas pour tout le monde. Ce ne fut pas du tout le cas.

J’ai eu aussi le sentiment d’être un imposteur, d’avoir peur d’empiéter sur le champ d’actions de quelqu’un d’autre mais en prenant mon courage à deux mains, en communiquant avec les parties prenantes, je me suis vite rendu compte que les personnes sont demandeuses et ouvertes aux aides, aux idées nouvelles. Cela doit se faire en toute bienveillance et sans arrière-pensée.

En participant aux soirées organisées par le Réseau FEVE et autres, je constate toujours l’efficacité de l’intelligence collective et des REX – retours d’expérience. Il est bon de ne pas devoir « réinventer la roue » et de pouvoir s’identifier à des personnes qui sont déjà passées par les problématiques rencontrées.

Je constate aussi depuis quelques temps ce dont on entend de plus en plus parler : la quête de sens au travail et celle que je côtoie sur le terrain avec mes collègues qui veulent aussi agir. 50% de ceux qui sont venus nous trouver nous disent être en quête d’une motivation pour venir travailler. Ils veulent s’investir, se responsabiliser, pouvoir pratiquer une activité annexe en accord avec leurs valeurs, quitte à passer plus de temps sur le lieu de travail

Et en dehors de l’entreprise

Depuis que j’agis au sein de mon entreprise, je me sens plus confiant, plus légitime pour agir également à d’autres niveaux. Au sein de ma copropriété par exemple, j’ai organisé la fête des voisins et proposé de mettre en place un potager partagé.

Pour conclure

La confiance engrangée par la mise en place d’actions concrètes et collectives, la légitimité acquise progressivement sont indéniables. J’ai compris que j’avais le droit d’agir, que cela pouvait être aussi un devoir et qu’il y avait un certain nombre de chartes, d’outils que l’on pouvait exploiter pour se faire. J’en étais déjà convaincu mais cette expérience a permis de concrétiser l’idée que nos actions ont du poids et prospèrent en sortant des logiques de culpabilisation et en favorisant la création de cercles vertueux. Etant plutôt quelqu’un de positif et intéressé par la CNV (communication non violente), j’ai pu en constater les bienfaits à de maintes reprises.

Je pense que la bienveillance est fondamentale dès lors que nos actions relèvent du changement. Nous venons bousculer les habitudes, les idées, certains automatismes et cela doit se faire dans accompagnement. Comme nous devons l’être nous –mêmes dans nos actions en s’entourant de personnes motivées qui partagent les mêmes valeurs.

Forte de cette communauté naissante, 2019 verra de belles idées se concrétiser et nous l’espérons des partenariats durables !


[1] (Note de l’éditeur) : nous parlerons ici de responsabilité fonctionnelle (ambassadeur RSE) en regard de la responsabilité (l’éthique)

Catégories : Témoignage FEVE

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