Crédit Infographie : Bruno Dantou

Bienvenu à bord de “philosophy airline”, attachez vos ceintures car nous prévoyons des turbulences sur notre trajet. Il n’y a pas d’issu de secours, aucun risque cependant puisque l’avion ne vole pas: il s’imagine voler. Où peut-il bien aller en restant cloué au sol ? Partout où la raison et l’imagination le permettent. Voici notre destination: La réalité.

Son territoire est si vaste qu’on ne pourra en observer qu’une petit partie. Pour ce voyage je vous propose donc un court trajet. Nous visiterons deux régions connues pour être en conflit depuis fort longtemps. 

La première, on l’appelle “finance”. A sa tête les chefs d’orchestre rédigent une partition pour faire jouer l’économie. Quelques solistes n’en font qu’à leur tête, mais dans l’ensemble la musique est harmonieuse. La société écoute, bien sage, cet orchestre économique, tranquillement assis sur des chaises, abrités par un toit, bref blottis dans un bel environnement. Impossible de discerner la moindre note mais au fond peu importe, tant que la mélodie reste juste. Cependant impossible de se débarrasser du peuple qu’ils ont tenté d’asservir. Quelques fous en blouse blanche les observent, ils les appellent particules, atomes, forces, mais la plupart du temps tout le monde les ignore. De temps à autre ils se rappellent aux musiciens comme aux spectateurs. Une corde se casse, une chaise grince, et tout à coup la musique sonne faux. C’est l’ennemi juré du chef d’orchestre, dirigé par le vil prince des lois physiques. D’ailleurs, attention aux secousses, nous entrons dans son territoire.

La cabine est secouée de toute part alors que nous entrons dans la région qu’on appelle “physique”. Le vent rugit agitant une foule de particules désordonnées. Ses frontières semblent s’étendre à l’infini, et notre avion n’est alors plus rien d’autre qu’un grain de poussière. Les scientifiques s’agglutinent aux hublots et grattent des formules compliquées, pour tenter de discerner les lois qui semblent régir ce chaos, à l’origine des géantes noires, rouges, jaunes et blanches qui peuplent ces espaces infinis. Il semblerait cependant que quelque part un certain ordre a pris racine. 

Ce minuscule environnement, on l’appelle “Terre”. Une force mystérieuse lui donne mille couleurs: du vert, mais aussi beaucoup de bleu. Des petits êtres bipèdes s’agitent sur sa fine croûte. Ils semblent terrifiés. C’est pourquoi ils jouent, se bagarrent puis s’enlacent, pour faire société. Par dessus la clameur on entend une mélodie très compliquée. Les prêtres du Dieu Finance tentent tant bien que mal de donner la cadence, si rapide qu’ils finissent par ressembler à des marionnettes désarticulées. Ces bonshommes sont bien étranges. Affublés de costumes noirs ils crient, ils courent, les yeux rivés sur un écran avec des chiffres qui défilent à toute vitesse. D’une main ils pianotent rapidement la partition de l’orchestre économique. Quant à l’autre, ils l’agitent dans tous les sens en s’écriant: “Plus de croissance! Plus de croissance !!”. Ces mains semblent agir de leur propre chef, si bien que, croyez le ou non, on leur donne un nom : Adam.

Étrange, comme un sentiment de déjà vu. Ne sommes nous pas déjà passés par là?

Il semblerait que ces deux réalités, finance et physique, aient le même territoire, mais pas la même carte. Ce qui explique que nous sommes revenus sur nos pas sans même nous en apercevoir. Déjà nous atterrissons, mais partis avec une question nous revenons avec un doute.

Où sommes nous à présent ?

Catégories : Coin philo

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